WOZZECK : CAUCHEMAR FANTASTIQUE
Après avoir reçu son flot de louanges au Canada en 1995, l'opéra d'Alban Berg réorchestré par John Réa sera joué pour la première fois en France à Lille les 23, 25, 27 et 30 janvier. L'ensemble de musique contemporaine Ictus, en résidence à l'Opéra de Lille, va redonner un souffle de vie à la tragédie de Woyzeck qui n'en finit pas d'inspirer.
Pantin d'une vie dont il a peu à espérer, un ancien soldat se raccroche à l'amour qu'il porte à sa maîtresse. Le 2 juin 1821, il est décapité pour l'avoir assassiné. L'histoire de Johan Christian Woyzeck, son procès et le rapport du psychiatre vont permettre à Georg Bürchner de personnifier son anti-héros. Biologiste et militant pour les droits de l'Homme, il ausculte les mécanismes de la société du XIXe siècle et les inhumanités qu'ils engendrent. Bürchner meurt prématurément, sans avoir le temps d'achever l'écriture de ce drame plus social que passionnel. Jusqu'à aujourd'hui, nombreux auteurs, compositeurs et musiciens ont repris sa pièce pour mettre en scène ce fait-divers, devenu mythe.
En 1925, Alban Berg en fait un opéra vertigineux : Wozzeck, en trois actes et quinze scènes pour 80 à 100 musiciens. Le pari de John Réa, à la fois ambitieux et paradoxal, est d'en faire une réduction pour orchestre de chambre de 21 musiciens. Jean-François Sivadier, le metteur en scène, voit en cet opéra « un cauchemar fantastique [...] peuplé de soldats et de prostitués, de fous, d'ivrogne et de poètes, un rêve où la lumière se fond dans l'obscurité, où ce qu'on voit n'est pas nécessairement ce qui est. »
En 1925, Alban Berg en fait un opéra vertigineux : Wozzeck, en trois actes et quinze scènes pour 80 à 100 musiciens. Le pari de John Réa, à la fois ambitieux et paradoxal, est d'en faire une réduction pour orchestre de chambre de 21 musiciens. Jean-François Sivadier, le metteur en scène, voit en cet opéra « un cauchemar fantastique [...] peuplé de soldats et de prostitués, de fous, d'ivrogne et de poètes, un rêve où la lumière se fond dans l'obscurité, où ce qu'on voit n'est pas nécessairement ce qui est. »
Constance Tabary
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