WOYZECK OU L’EBAUCHE DU VERTIGE

Mimodrame
Georg Büchner est mort en février 1837 sans avoir eu le temps de mettre un point final à sa dernière pièce, Woyzeck. Celle-ci raconte la déchéance progressive d’un soldat qui tue son épouse à la suite d’une trahison. Après Jean-François Sivadier ou David Freeman, c’est au tour de Joseph Nadj de s’emparer très librement du célèbre manuscrit. Il crée ici un théâtre chorégraphié intelligemment désordonné où six danseurs manipulent des pantins grandeur nature. Nadj cultive le dénuement. De l’âme, avec ces pantins animés mais sans vie. Dans le spectacle aussi : l’espace de jeu est exigu, la scénographie relève de la débrouille… et tout ce silence ! À peine quelques onomatopées lancées ici et là, expression de cette futile soif d’exister des personnages. Ce parti pris révèle subtilement le malheur, puis la folie humaine qui conduit au meurtre et à l’anéantissement de soi.

Nathanaëlle Leschevin





 

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