LE SCHIZO ET LES LANGUES : ECART DE LANGUE AGE
Parce qu’il ne peut pas supporter sa mère, Louis Wolsfon ne peut raisonnablement pas se mettre en bouche les mots qu’elle lui a appris. Chaque jour, il se débat avec cette langue maternelle aliénante - l’anglais - qui le dépossède de lui-même. L’adaptation du livre de Wolsfon dessine les contours sinueux d’une étrange folie linguistique…
Un plateau comme une boîte crânienne : deux fauteuils, des néons mobiles, un « objet-décor » et tout le reste de l’espace envahi par les seules pensées, mot pour mot celles de Wolsfon. Louis parle avec lui(s)-même(s) - il est schizophrène après tout - et dévoile un quotidien conditionné par son combat. Celui-ci répond à des règles, une forteresse de principes. Toujours avoir les doigts à portée de mains pour se boucher les oreilles. Toujours accumuler les langues -l’allemand, le français, le russe- pour alimenter son système inédit de traduction automatique de la parole. Et surtout, toujours tourner en dérision sa propre folie. (Le spectateur s’esclaffe également, soit dit en passant).
L’esprit en boule à facettes.
La compagnie La Sibylle a trouvé dans ce texte un équivalent théâtral à l’art brut, c’est-à-dire un écrit engendré par une « absolue nécessité », où la création surgit comme un acte de survie spontané. La réflexion de Wolsfon n’est pas pour autant un exposé littéral de sa psychose. « Le jeune homme aliéné » comme il se décrit lui-même, vit et écrit son délire en même temps qu’il le dissèque avec une intelligence impressionnante. Difficile de percevoir nettement où il se tient à chaque instant : dans la distanciation cynique ou au coeur de la tourmente ? Le jeune comédien belge Michel Jurowicz brille par la subtilité de son interprétation dans cet aller-retour complexe entre réelle folie et simulacre.
>> du 15 au 19.01, 20h sauf les 17 et 19.01, 19h, Villeneuve d'Ascq, La Rose des Vents, 12/19€, +33 320 61 96 96
L’esprit en boule à facettes.
La compagnie La Sibylle a trouvé dans ce texte un équivalent théâtral à l’art brut, c’est-à-dire un écrit engendré par une « absolue nécessité », où la création surgit comme un acte de survie spontané. La réflexion de Wolsfon n’est pas pour autant un exposé littéral de sa psychose. « Le jeune homme aliéné » comme il se décrit lui-même, vit et écrit son délire en même temps qu’il le dissèque avec une intelligence impressionnante. Difficile de percevoir nettement où il se tient à chaque instant : dans la distanciation cynique ou au coeur de la tourmente ? Le jeune comédien belge Michel Jurowicz brille par la subtilité de son interprétation dans cet aller-retour complexe entre réelle folie et simulacre.
>> du 15 au 19.01, 20h sauf les 17 et 19.01, 19h, Villeneuve d'Ascq, La Rose des Vents, 12/19€, +33 320 61 96 96
Nathanaëlle Leschevin
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