INTERVIEW : GOMM

4, le nouvel album de Gomm confirme tout le bien que l'on pensait des nordistes. Le quatuor n'a rien perdu de son énergie et le prouvera prochainement en tournée, notamment à la Lune des Pirates à Amiens le 2 Mars et au Grand Mix à Tourcoing le 3 mars. Gomm, ce sont les initiales de Guillaume (Guitare, basse, clavier ), Olivier (batterie et voix), Marie (piano et voix) et Matthieu (Guitare, basse). Rencontre avec le O et un des deux M.

Pouvez faire un petit historique de Gomm depuis sa création ?
O: Au départ en 1998, nous étions dans des groupes différents on s'est retrouvé à répéter ensemble, le courant est tout de suite passé. Et c'est parti. On a longtemps répété le week-end, comme tous les groupes, puis en 2001 ça a commencé à devenir sérieux, on a laché nos boulots pour se consacrer pleinement à la musique.

L'obtention de la bourse Domaine Musiques*, ça a dû vous aider ?
O: Ca aide si on utilise bien l'argent.
M: Et c'est ce qu'on a essayé de faire...

Et Bourges?
O: Bourges c'était en 2004, on était un peu réticent au début car on avait entendu que les jeunes groupes n'étaient pas toujours bien encadrés. Finalement, ça c'est très bien passé, il y a eu un bon buzz et c'est là-bas qu'on a rencontré notre tourneur, Radical.
M: En fait on peut dire qu'entre 1998 et 2004, il ne s'est pas passé grand chose. Et puis après, tout s'est enchaîné d'un coup.

Votre nouvel album s'apelle "Quatre", ou "Four"...
O: Quatre si tu es français, Four si tu es anglais, pour un espagnol c'est euh...
M: Quatro. C'est ce qui nous a plu, c'est universel, et c'est aussi un petit clin d'oeil à des groupes comme Kraftwerk, qui appelaient leurs albums n°1, n°2... Bon nous c'est 4 et c'est le deuxième album.
O: 4, c'est pour nous, pour dire que tout ce que l'on fait, on le fait à quatre, il n'y a pas de leader dans Gomm. Quand on prend une décision, on la prend ensemble.

Tu parles de Kraftwerk, il y a pas mal de sonorités électroniques sur 4, c'est un courant dont vous vous sentez proches?
M: On écoute des vieux trucs, comme Kraftwerk donc, ou Silver Apples.
O: C'est vrai que la structure répétitve de certains morceaux peut s'apparenter à des rythmes techno, mais ça reste du rock.

Vous avez des influences différentes, il y a une base commune à tous les membres de Gomm ?
O: Je crois qu'on aime tous Sonic Youth. Personnellement, j'ai redécouvert AC/DC que j'écoutais beaucoup étant plus jeune. Et aussi The Ex.
M: Oui, Black Sabbath aussi.

Comment se passe l'écriture et la composition des morceaux chez Gomm?
M: L'écriture, c'est Olivier et Marie, les deux chanteurs. La composition, toujours à quatre. On essaie, on bidouille, et on enregistre tout ce qu'on fait. On n'arrive jamais avec un truc qu'on a préparé seul. Quand il y en a un qui n'y arrive pas, les autres ne peuvent pas suivre.
O: Pendant un mois d'essai et de répétitions, par exemple, on n'a rien gardé. Pour le morceau Good sides par contre, on a dû l'achever en une demi heure. Il y a des jours ou tout fonctionne, ça ne s'explique pas. C'est magique!

Les chansons 4 et 5 de votre album, It's not easy et To be your friend peuvent être écoutées ensemble et ne former qu'un seul titre ("It's not easy to be your friend", ndlr).
O: Exactement, c'était l'idée. Les deux morceaux peuvent être écoutés indépendamment et forment quelque chose de différent lorsqu'on les assemble. D'ailleurs le cd est fait pour qu'ils s'enchainent automatiquement.

Les premières parties de Placebo, ça doit être assez formateur ?
O: Oui, c'est clair. Après, toutes les premières parties sont formatrices. C'est sans doute la meilleure école. Mais c'est vrai que se retrouver face à 17 000 personnes, c'est quelquechose.
M: On a toujours fait des premières parties, et on continuera à en faire. Quand tu te retrouves face au public qui n'est pas venu spécialement pour toi, pendant seulement 30 minutes, tu dois tout donner.

Vous êtes un groupe de la région, être sur scène dans le Nord est-il différent pour vous ?
O: Différent, oui, car on sait qu'il y a toujours quelqu'un que l'on connait qui vient nous voir, ça ajoute forcément un peu plus de stress.
M: Oui, mais le public français nous a toujours bien accueilli. D'ailleurs, vivement la tournée!

Vous avez aussi tourné à l'étranger ...
O: Oui, en Allemagne, Suisse, Hollande, Angleterre... Nous avons toujours eu de très bons retours.

Et lorsque les anglais vont voir Gomm en concert, il vont voir un groupe de rock ou un groupe de rock français?
O: Bonne question, que je ne me suis d'ailleurs jamais posée. J'espère la première réponse, un groupe de rock. On n'aime pas trop les étiquettes... En France en tout cas, les gens ne savent pas toujours qu'on est Français, on nous prend souvent pour des Norvégiens. (rires)
M: On est un groupe du Nord, et même si on adore notre région, on ne veut pas être cantonné à ça. Nous voulons de l'ouverture pour notre musique, c'est pour ça qu'on préfère la simple appellation de groupe de rock.

Vous écoutez quoi en ce moment ?
O: The Ex, The Fall.
M: Sonic Youth, Curtis Mayfield
Marie (qui vient d'arriver): Grace Jones, Blonde redhead.

Quand on fait de la musique toute la journée, on n'a pas forcément envie d'en écouter après...
M: C'est sûr ! Après la composition de l'album qui a duré de Janvier à Mars, je crois que j'ai fait un long break...
O: Quand on triture des sons toute la journée, un peu de silence le soir parfois, ça fait du bien !

*La Bourse Domaine Musiques est délivrée par le ministère de la culture, elle aide au développement de carrière des jeunes artistes.

Clément Perrin


GOMM + KLANGUAGE
le Vendredi 02 mars
lieu LA LUNE DES PIRATES (AMIENS)



GOMM
le Samedi 03 mars
lieu LE GRAND MIX (TOURCOING)



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