DANS L'ANTRE DU N.A.M.E FESTIVAL

La façade est noire et mate. La porte d’entrée est métallique et grinçante. L’intérieur est plus chaleureux : des étagères du sol au plafond, un bric-à-brac foisonnant, des sacs multicolores à pois... Quelques détours plus loin, voici le bureau, joyeusement encombré, où officie Art Point M, la compagnie qui a créé le N.A.M.E.

Poétiquement pointu
Sabine, tout d’abord. Débordante d’enthousiasme, elle présente le programme : électronique certes, éclectique indubitablement. Trois week-ends, trois villes (Lille, Maubeuge et Dunkerque), des soirées, un lapin rose, des installations, un son et lumière en piscine, une masterclass, une table ronde philosophique, de l’expérimentation sonore et visuelle... La liste est longue et Sabine prend le temps de mettre chaque événement en relief. Les mots « voyage », « expérimentation », « rigolo », « pointu », « poétique », reviennent fréquemment. « Comme pour chaque N.A.M.E, nous avons fait un festival où nous aimerions aller, où nous présentons les artistes qui nous plaisent en ce moment ».

Pas trop trash, mais pas aseptisé non plus
Fanny, figure emblématique de la compagnie. Son profil de guerrière maori pourrait inquiéter, si elle avait en main autre chose qu’une assiette de brioches pour le goûter de la troupe, brioches qu’elle propose avec une voix douce. Voix douce qui raconte les origines du festival, mélange de rencontres, de lieux et d’envies de créer. Qui évoque l’esprit du festival. Qui s’attarde sur l’équilibre délicat entre images engagées - « je n’aime pas trop les VJs qui font de la tapisserie, si jolie soit-elle... » - et contexte « ça reste du clubbing. Il ne s’agit pas de plonger les gens dans une réalité qu’ils sont venus oublier en faisant la fête ».
Exit, donc, les « images trop trash, genre exécution de Saddam Hussein. En revanche, nous avons voulu mettre en avant une réflexion sur l’image, les droits d’auteurs, la surconsommation...». Pour Fanny, le public idéal d’une soirée N.A.M.E : « des gens pas du tout branchés électronique en début de soirée, qui boivent des coups, qui mangent un peu, qui viennent jeter un oeil aux installations, et puis ensuite les clubbers. Un glissement de « tout public » à des gens qui font la fête jusqu’à 6 h du matin. »

Je préfère The Orb
Arrivent Thierry et Seb, responsables de la programmation musicale, « globalement minimale-house-tech ». « Il y a une véritable écriture de line-up, comme une chronologie de visite ». Des festivals, ils en ont fait un paquet ces dernières années, et ils savent ce qu’ils veulent. Thierry : « Tout le monde est important dans la musique électronique, et je pense que le commercial n’est pas nécessairement de mauvaise qualité. Mais plutôt que Justice ou Carl Cox, je préfère faire venir The Orb ou Nathan Fake ». Un parti pris qui plaît aussi aux DJs. Seb : « J’ai vu Ellen Alien au Sonar : elle a déplacé des dates pour pouvoir être présente au N.A.M.E. Elle m’a également confié qu’elle préparait quelque chose de spécial pour l’occasion, elle va sûrement chanter ». Thierry : « Nous voulons proposer un programme de qualité, avoir une cohérence, nous inscrire dans la durée, et défendre la culture club. Club, pas discothèque ».

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Olivia Volpi




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