CANNIBALES : ESSAI D'INTOXICATION VOLONTAIRE*
À trop dévorer Cannibales, cirque-théâtre contemporain, nous voilà soudain pris d’une indigestion vitale, intelligente et nécessaire ! Entretien avec David Bobée, le metteur en scène et Ronan Chéneau son ami et coéquipier écrivain. Croquez leurs paroles à plein cerveau : question de survie... ou plutôt de vie !
let’smotiv : Après Fées et Res/Persona, que représente Cannibales, dernier volet
de la trilogie ?
D.B. : Nous avions envie de mettre des mots sur l’époque, le monde que nous sommes en train de traverser, et notre place. Il ne s’agit pas d’asséner de grandes vérités ! Notre expérience sert de témoignage.
lm : Vous mettez en scène des trentenaires. Pourquoi cette génération ?
D.B. : Toute l’équipe -les techniciens, les comédiens et nous-mêmes- nous arrivons à la trentaine. Dans Cannibales, le couple de trentenaires qui commence à acheter, à posséder symbolise la transformation d’une véritable quête existentielle en une simple quête d’avoir. Mais il n’y a pas de jugement moral !
lm : Au début de la pièce, ce couple se met le feu. Drôle d’entrée en matière !
D.B. : Pendant les trois premières minutes, il s’agit d’une nécrologie des trente dernières années. Cet embrasement initial nous permet de prendre du recul. Notre désir, c’est de refuser de baisser les bras et de remettre la pensée politique sur la scène du théâtre.
lm : Votre équipe fait exemple en travaillant en une vraie communauté. Ronan, quel est votre rôle dans cette équipe ?
R.C. : En fait, j’écris pour les comédiens, pas pour les pièces. J’essaie d’éviter le réalisme pour le réalisme, la métaphorisation et le flou artistique. Avec David, nous voudrions simplement que les gens nous aiment. Postulat affreusement égoïste ! Mais n’est-ce pas juste dans le but de réinventer les rapports avec l’autre ?
* Essai d’intoxication volontaire, Peter Sloterdijk, Hachette Littératures, 2001. Aussi recommandable que Cannibales !
D.B. : Nous avions envie de mettre des mots sur l’époque, le monde que nous sommes en train de traverser, et notre place. Il ne s’agit pas d’asséner de grandes vérités ! Notre expérience sert de témoignage.
lm : Vous mettez en scène des trentenaires. Pourquoi cette génération ?
D.B. : Toute l’équipe -les techniciens, les comédiens et nous-mêmes- nous arrivons à la trentaine. Dans Cannibales, le couple de trentenaires qui commence à acheter, à posséder symbolise la transformation d’une véritable quête existentielle en une simple quête d’avoir. Mais il n’y a pas de jugement moral !
lm : Au début de la pièce, ce couple se met le feu. Drôle d’entrée en matière !
D.B. : Pendant les trois premières minutes, il s’agit d’une nécrologie des trente dernières années. Cet embrasement initial nous permet de prendre du recul. Notre désir, c’est de refuser de baisser les bras et de remettre la pensée politique sur la scène du théâtre.
lm : Votre équipe fait exemple en travaillant en une vraie communauté. Ronan, quel est votre rôle dans cette équipe ?
R.C. : En fait, j’écris pour les comédiens, pas pour les pièces. J’essaie d’éviter le réalisme pour le réalisme, la métaphorisation et le flou artistique. Avec David, nous voudrions simplement que les gens nous aiment. Postulat affreusement égoïste ! Mais n’est-ce pas juste dans le but de réinventer les rapports avec l’autre ?
* Essai d’intoxication volontaire, Peter Sloterdijk, Hachette Littératures, 2001. Aussi recommandable que Cannibales !
Pascal Lefranc
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